Un édifice religieux et un cimetière attenant découverts à Valence
La découverte en périphérie des remparts antiques et médiévaux, d'un important cimetière et d'un édifice religieux autour duquel les tombes sont regroupées, modifie la vision que nous avons de la ville.
D'octobre 2025 à mars 2026; les archéologues de l'Inrap ont exploré une zone située rue Peloux, et mis à jour "un cimetière dont 213 sépultures ont été fouillées. Elles prennent place contre et en périphérie d’un grand bâtiment dont les murs ont été presque entièrement détruits et les matériaux de construction récupérés." INRAP

les fouilles en cours
Il s'agit d'une découverte importante qui remet en cause notre vision de l'histoire et de l'évolution de la ville, notamment à cause de la présence d'un édifice de grande taille : "Cet édifice orienté semble doté d’une nef et d’un transept de 4 m de large pour une longueur totale estimée à 22 m (observée sur 13 m). Le chevet se compose de trois absides semi-circulaires dont deux ont été restituées à partir des tranchées de spoliation. La grande abside centrale mesure environ 4,5 m de diamètre et la petite abside septentrionale environ 3 m de diamètre. La façade et le mur sud, situés hors de l’emprise de la fouille, restent totalement inconnus." Il pourrait s'agir d'une basilique paléochrétienne.
Les tombes, elles, sont sans doute de différentes époques, les dernières sont "datées des XVe-XVIe siècles ". "La présence d’inhumations multiples porte le nombre d’individus en place (fouillés) à 224 auxquels s’ajoutent au moins un centaine d’individus en position secondaire. Leur typologie est variée, avec, dans l’état actuel de l’étude, 41 sépultures construites (coffrages de tuiles, mixtes, de pierres, coffrage maçonnés…) et 14 sépultures en fosse."
J'avais voulu attendre d'avoir situé ces fouilles et lorsque je m'y suis enfin rendue, j'ai trouvé le chantier laissé tel quel,

simplement délimité par des grilles.
J'ai été tellement choquée de ce que j'ai vu que je n'ai pas pu, jusqu'à présent parler de ces découvertes majeures pour l'histoire de la ville, sachant en plus, qu'il faut attendre les résultats des études pour en savoir plus. Une partie seulement du cimetière a pu être fouillée, des sondages ont peut être permis de connaître son étendue réelle.
Ce n'est pas la première nécropole ainsi mise au jour en périphérie de la ville antique et médiévale :
en 2007 lors de travaux de réaménagement des boulevards, une nécropole a fait l'objet de fouilles de sauvetage, on y a notamment découvert le cercueil en plomb exposé au musée de la ville (voir ICI). Cette nécropole suivait le parcours du decumanus maximus, axe de circulation majeur (correspondant à peu près à l'avenue de Chabeuil) et qui semble abandonné au Ve siècle, et avait été déjà perturbée par la construction des remparts médiévaux puis par le creusement du tunnel de chemin de fer. (voir ICI)
en 2015, lors de la construction d'un immeuble d'habitations, découverte d'un cimetière associé à une église inconnue à ce jour. Les textes mentionnent une commanderie Saint-Émilien attestée dès 1170 et située approximativement au sud du quartier Faventines, derrière la gare. Une chapelle Sainte-Madeleine, située au sud-est de l'abbaye Saint-Félix, mentionnée en 1273, pourrait aussi fonctionner avec ce cimetière. Ce sont, en l'état de la recherche, les deux édifices connus les plus proches du secteur d'inhumations.
Ces découvertes permettent de suivre l'évolution des rites funéraires dans une ville. Exilées en dehors de la ville dans l'Antiquité ; avec l'arrivée du Christianisme , les sépultures seront situées au plus près d'un édifice religieux et peu à peu le mobilier funéraire disparait des tombes. La tradition qui voulait que le monde des morts soit séparé de celui des vivants disparait peu à peu à partir des VIIe et VIIIe siècles et durant tout le Moyen-Age
Les passages entre guillemets sont extraits de l'article de L'INRAP en lien.





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