L'extinction de masse de l'holocène.
Dernière mise à jour : 9 sept.
Nous vivons la 6ème extinction de masse d'espèces animales et de végétaux, celle de l'holocène. Ils n'arrêtent pas de le dire, de l'écrire, les chercheurs que les choses s'accélèrent. Je sors un peu du cadre strictement historique pour parler de ce que nous vivons aujourd'hui : "on parle d'une extinction massive et de sixième extinction car le nombre des disparitions est comparable, sur une courte période, aux « cinq grandes » extinctions massives qui ont marqué le passé géologique de la Terre." (*)
"Durant le XXe siècle, entre 20 000 et deux millions d'espèces se sont éteintes, mais le nombre total ne peut pas être déterminé avec précision du fait des limites de nos connaissances actuelles .On attribue à l'activité humaine une extinction massive qui a commencé il y a environ 10 000 ans, bien que les espèces disparues n'aient été enregistrées que depuis la révolution industrielle. " Wikipedia

la fin des dinosaures est l'extinction la plus connue - Géo
Les cinq grandes extinctions qui ont débuté il y a environ 445 millions d'années, ont été provoquées souvent par des changements dans l'écosystème, le climat. "L'extinction du Crétacé-Paléogène marque la fin des dinosaures (dont les seuls descendants sont les oiseaux) et les mammifères deviennent les espèces dominantes (à partir de quelques formes simples, elles se différencient en divers embranchements d'animaux terrestres, marins et aériens)." Wikipedia

Géo - Les principales extinctions de masse
"Avant que n’arrive le pire, la Terre avait lancé un avertissement, un changement dans la chimie de ses océans et dans son climat. Ces derniers ont été séparés par "des périodes de transition abruptes marquées par des changements environnementaux rapides" au cours des 539 millions d’années. Or, ces phases de transition rendent la vie sur Terre particulièrement vulnérable aux extinctions massives, qui souvent leur succèdent." Géo
"L'extinction massive actuelle est entièrement due à l'activité humaine, ce qui inclut la fragmentation des territoires, la déforestation, la destruction des habitats, la chasse, le braconnage, l'introduction d'espèces invasives, la pollution et le changement climatique. Les effets cumulatifs et la synergie entre ces facteurs peuvent avoir un impact environnemental encore plus important." Wikipedia
Elle a débuté à la préhistoire, avec la sur-chasse, la transformation du milieu (défrichement, écobuage, déforestation,etc). La colonisation a transporté les actions humaines néfastes pour l'environnement dans le monde entier, et c'est dans les régions tropicales que les extinctions sont les plus nombreuses, notamment par la destruction des habitats (déforestation, cultures intensives, exploitation des sous-sols, pollution, chasse et sur-pèche, etc.)

le tigre de Tasmanie :
"Benjamin" est le dernier thylacine recensé, ici photographié au Zoo de Hobart en 1933.

Le Dronte de Maurice (Raphus cucullatus), plus communément appelé Dodo, est sans doute le plus célèbre des animaux disparus.
Illustration d'un dodo (XVIIe siècle)
Comme de nombreux animaux qui ont évolué séparément des prédateurs importants et présentent ce qu'on nomme une docilité insulaire, le dodo n'avait développé aucune peur à l'encontre des êtres humains, et ceci, en plus de son incapacité à voler, en a fait une proie facile pour les hommes
Mais il est des disparitions plus discrètes. Ainsi jusqu'à 13 espèces d'aras ont définitivement disparu ou le sont sans doute, parmi eux,

l'ara glauque, Le dernier spécimen vivant connu est mort au zoo de Buenos Aires en 1938

et l'ara tricolore, espèce endémique de l'île des Pins et de Cuba ainsi que probablement d'Hispaniola. Il était chassé pour sa chair et pour être revendu comme animal de compagnie. Le dernier spécimen prélevé le fut en 1864 et la dernière observation de cet oiseau date de 1885
Plus discrètes encore, les disparitions de plantes sauvages, comme les petites violettes,

la Violette de Cry ou Pensée de Cry (Viola cryana), Viola endémique du département de l'Yonne, en France, localisée aux coteaux calcaires de la commune de Cry, à l'est du département. Cette espèce est considérée comme éteinte depuis 1930
ou sa cousine, la pensée de Rouen, espèce en danger critique d'extinction, dont la présence n'est plus recensée aujourd'hui que dans la vallée de Seine (bassin parisien et rouennais)

Depuis 1964, une liste rouge des espèces disparues ou en voie de disparition est dressée par l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature ; en anglais IUCN). Cet inventaire de la conservation de ce patrimoine est tributaire des connaissances disponibles et n'est en aucun cas contraignant pour les états, il n'a aucune valeur législative.
L'article de Wikipedia propose une liste des espèces disparues, et contient 405 pages, dont 200 sont affichées.
Les scientifiques ont créé des centres de conservation des espèces végétales à partir notamment de graines sauvegardées et tentent de recréer des espèces disparues, comme la Cylindrocline lorencei, de l'île Maurice.

Jean-Yves Lesouef, le fondateur et ancien directeur du Conservatoire de Brest, avais rapporté quelques graines de la plante en 1977. Elles ont été congelées pour être conservées. Il s'avère que ce sont les seules graines de Cylindrocline au monde.
Lorsqu'ils apprennent l'extinction de la plante, les scientifiques du laboratoire tentent alors une culture in-vitro. Ils parviennent à faire pousser trois plans. Mais il faudra attendre 10 ans pour qu'ils poussent et fleurissent, et que de nouvelles graines puissent être récoltées.
De nouveaux plans sont alors répartis dans d'autres lieux, et aujourd'hui ce sont plusieurs centaines de spécimens qui sont répartis en Europe, notamment à Kew Gardens de Londres.
La prochaine étape était : la réintroduction à l'Ile Maurice. Mais le milieu naturel y est très dégradé. Depuis l'arrivée des Européens, l'île a perdu 97% de sa végétation et possède peu de zones encore sauvages. Le programme de réintroduction est lancé en 2011 pour réintroduire 30 espèces indigènes.
Il suffirait de savoir lire les signes que la planète nous envoie, les changements chimiques ou climatiques n'ont pas, à eux seuls, provoqué toutes les extinctions. mais l'étude citée dans l'article de Géo montre que la Terre envoie une sorte de signe d’alerte naturel lorsqu’elle approche d’une transition critique.
(*) L'expression « sixième extinction » a été popularisée par Richard Leakey et Roger Lewin[9] en 1995 et ultérieurement par Elizabeth Kolbert[10] dont l'ouvrage La Sixième Extinction. Comment l'Homme détruit la vie (2014) a obtenu un vif succès et remporté le Prix Pulitzer de l'essai en 2015. Pour certains scientifiques il s'agirait de la septième extinction.





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